Sauver le sauvage

A l’aide de la nature

Comment fonctionnent les Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage, et comment peut-on les aider ?

Chaque année, plus de 20 000 animaux sont recueillis dans les 29 centres de sauvegarde de la faune sauvage répartis dans toute la France. Ils y sont soignés, puis relâchés dans leur environnement naturel. Mais les centres ont également un rôle de médiateurs dans les instances régionales et locales, et de recherche, avec des études sur les causes de destruction de la faune et la participation aux programmes de restauration d’espèces menacées dans leurs milieux. Ces centres sont des établissements agréés, présents sur l’ensemble du territoire français. Ils sont habilités à accueillir des animaux sauvages en détresse. « On ne va pas sauver les busards des renards […] » explique Laurent Longchambon, responsable du centre de sauvegarde « Panse bêtes » (63) et administrateur de l’UFCS, « […] mais agir et sensibiliser pour essayer de minimiser le plus possible l’impact de l’homme sur la faune sauvage. »

Tous les jours, les centres de soins reçoivent de nouveaux animaux en danger, de quelques centaines à quelques milliers par an selon les structures. Au total plus de 23 000 animaux sont recueillis chaque année : des hérissons, écureuils, renards, fouines, chats forestiers, musaraignes, des oiseaux (passereaux, rapaces, et bien d’autres), des reptiles (lézards, tortues), amphibiens, sangliers, cerfs, etc. Les centres s’occupent en effet des animaux « non captifs », qui vivent à l’état sauvage dans leur milieu naturel, donc pas des chiens, chats, hamsters ou encore animaux de zoo (pas de lions !). Ils complètent ainsi le réseau des refuges SPA qui se destinent aux « animaux de compagnie ». Toutefois, l’objectif des centres n’est pas de leur trouver une famille mais bien de les relâcher dans la nature.

 

Un homme relâche un milan royal dans le ciel.

© Panse Bêtes

Le réseau formé par l’Union Française des Centres de Sauvegarde (UFCS) regroupe différentes structures indépendantes, chacune avec son statut (associatif, LPO, conservatoires, FME, FPAM) et ses spécialités (par exemple sur le lynx, les gypaètes, ou au contraire les plus diversifiés possibles, des oiseaux aux batraciens). Ce maillage en réseau permet d’orienter vers le centre le plus proche, avec au moins un centre par région, et un ensemble de « rapatrieurs » qui prennent en charge les animaux sur tout le territoire.

Concrètement, comment ça marche?

La démarche est toujours la même : un « découvreur » trouve un animal en détresse. Ça peut être un oiseau, un mammifère, etc. Il prend contact avec un centre, qui le conseille, que ce soit pour stabiliser la situation, expliquer les premiers gestes, voire décider s’il faut ou non intervenir. Une fois informée, et si c’est pertinent, la personne se rend au centre le plus proche avec l’animal, ou le confie à un rapatrieur. Arrivé dans le centre, l’animal est entièrement pris en charge. Un soigneur va pouvoir opérer un diagnostic plus fin, et un docteur vétérinaire, présent dans chaque centre, va ensuite s’occuper de lui. Car si les soigneurs des centres sont là pour connaître, faire des diagnostics ou nourrir les animaux, la partie soin en elle-même est souvent dévolue à un professionnel diplômé. Une fois remis sur pattes, l’animal passe par une phase de récupération : il s’agit de le remuscler et de le « re naturer », soit s’assurer qu’il pourra survivre une fois relâché dans son environnement. On s’assure qu’il est capable de se nourrir, d’échapper à la prédation, et de se reproduire. On peut enfin le relâcher dans un environnement qui lui soit favorableon ne va pas relâcher un hérisson dans un lac »), si possible à l’endroit où on l’a trouvé, à la bonne période et au bon endroit.

 

Un hérisson est au milieu de feuilles dans une forêt.

© Piotr Laskawski – Unsplash

Comment s’engager ?

Pour mettre la main à la pâte, beaucoup de structures accueillent des gens qui s’investissent à travers le bénévolat :
– en aidant à nourrir, à nettoyer, à bricoler, c’est le plus actif et le plus chronophage
– en se proposant pour être « rapatrieur » (on déclare qu’on peut se déplacer quand on est disponible pour ramener un animal blessé au centre)
– ou tout simplement en aidant à faire connaître son centre local par des actions de communication

Il y a un vrai besoin de sensibiliser, d’apprendre à faire, car comme l’explique Laurent Longchambon, « un centre de sauvegarde, ce n’est pas la solution ». La vraie solution c’est de développer des mentalités d’éco citoyens, « quand chacun saura faire attention à son patrimoine, on n’aura plus besoin de nous. » En attendant d’atteindre cet objectif ultime, le don est un atout non négligeable, pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s’impliquer en personne. Mais ce qu’encourage M. Longchambon, c’est d’aller voir en personne dans le centre le plus proche de chez soi. « Il est plus facile de trouver de l’argent que du temps, pourtant on prend en valeur, on prend en plaisir en étant bénévole. » Se rapprocher du centre le plus proche et rencontrer responsables et bénévoles, permet de vraiment comprendre et savoir ce que représente le travail, et de voir ce qu’il est possible de faire localement. « À chaque fois que l’on aura sensibilisé une personne, ce sera quelque chose de gagné, un peu de savoir transmis. »

Tu peux retrouver ici la liste des centres de sauvegarde en France par département et en savoir plus sur l’UFCS en te rendant sur leur site.

 

Une buse variable avec un bandage.

© Panse Bêtes

 

Que faire quand on trouve un animal en difficulté ?

Commencer par contacter le centre le plus proche. Tous les numéros sont disponibles ici. 
En attendant qu’il soit pris en charge, on doit :
Garder son calme : pas de gestes brusques ni de cris, le stress peut s’avérer mortel pour l’animal.
Éviter la manipulation des mammifères, et si c’est nécessaire toujours manipuler l’animal avec des gants ou l’envelopper d’un vêtement ou couverture.
Le placer dans un carton adapté à sa taille, percé de petits trous d’aération et couvrir le fond avec du journal froissé pour qu’il ait un point d’appui. Surtout pas de cage grillagée (blessures).
Conserver l’animal dans un endroit tempéré (éviter tout choc thermique), et ne jamais lui donner de médicaments, à boire ou à manger.

Le transport d’un animal sauvage est illégal sans autorisation. Avant tout transfert, il est obligatoire de prévenir l’ONCFS de son département ou à défaut, le centre de sauvegarde qui pourra attester de l’urgence du déplacement lors d’un éventuel contrôle.