Micro-aventure, Macro sensations

Petit voyage, grands souvenirs

Parce que « pas besoin de claquer sa dem’ et son bilan carbone pour vivre l’aventure » (comme le disent les fondateurs de la Mad Jacques, une « course » en auto stop), la micro-aventure a le vent en poupe. Elle permet de s’évader sans prendre l’avion, de découvrir la nature proche de chez soi, et de profiter intensément du monde en prenant « deux jours pour vivre ».

L’histoire de la micro-aventure est liée à l’urbain, à l’idée de sortir de la ville. Le terme est assez récent, même si l’idée sous-jacente est vieille comme la civilisation, car intrinsèquement, on est tous des aventuriers, l’atavisme des grands singes… Pour remonter à la source, on doit le nom à l’anglais Alastair Humphreys, aventurier de l’année du National Geographic en 2012. Après avoir fait le tour du monde à vélo, couru des marathons dans le désert du Sahara, traversé l’Atlantique à la rame; il a décidé d’aller explorer « dans son jardin » avec 12 défis/aventures près de chez lui, dans un esprit de décroissance, de démondialisation, de retour au local et de remise en cause des déplacements en avion (le « flygskam » suédois naîtra quelques années plus tard, en 2017).

 

Micro-aventure vélo

© Fabio Gattini

Il y a aussi une idée de populariser ce qui pouvait paraître lointain ou élitiste : comme le dit Alastair Humphreys sur son site internet, « l’intérêt majeur c’est de rendre l’aventure accessible à des gens qui n’ont que peu voire pas d’expérience de la vie dans la nature. » Même si le terme et le concept viennent d’Angleterre, l’idée était dans l’air du temps et tout un petit microcosme l’a développée de façon spontanée et concomitante, notamment en France (Les Others, 2 jours pour vivre, Mad Jacques, …). Bien avant les confinements, il y avait déjà dans l’air ce besoin de se reconnecter à la nature, d’aller dormir dehors.

Tentative de définition de la micro-aventure

D’après Alastair Humphreys, « une micro-aventure est une aventure qui est courte, simple, locale et économique, mais aussi fun, excitante, challengeante, rafraîchissante et qui apporte quelque chose. »

On peut expliquer les grands principes de ce « scoutisme pour adultes » avec quelques mots clés :

  • l’autonomie, c’est la base ! On part sans agence, sans intermédiaire qui nous organise quoi que ce soit, et on se débrouille de bout en bout pour dormir, manger, etc. Pas question d’hôtel, ni de restaurant, on part à l’aventure !
  • l’imprévu, on l’embrasse et on le chérit plutôt que de vouloir le fuir à tout prix.
  • la brièveté, on part sur une courte période, avec une nuit au moins dehors, quelques jours au maximum, pour s’immerger et se débrouiller.
  • la sobriété, une valeur cardinale à ne jamais perdre de vue, en cas de doute : le choix le plus simple est souvent le meilleur.
  • la nature, car la micro-aventure est tout sauf urbaine, « on n’imaginerait pas Mike Horn tourner en rond dans Tokyo » ironise Amélie Deloffre, la fondatrice de 2 Jours pour Vivre.
  • le goût de l’effort, plus que celui de la performance. Il faut que ce soit un peu difficile, sinon le réconfort ne sera pas à la mesure de l’effort.

« Nous sommes des voyageurs repentis. Des citadins en manque de chlorophylle. Des aventuriers du dimanche qui bossent la semaine. », Mad Jacques

Le futur du tourisme ?

On voit fleurir le mot micro-aventure à toutes les sauces ces derniers temps, et d’autant plus avec la redécouverte, due à la crise COVID, d’un tourisme plus local. Les agences de voyage, les offices du tourisme, les villes et villages… Toutes les destinations ne jurent que par leurs propositions « micro-aventure ». S’il y a un côté « récupération » du concept indéniable, il n’empêche que cela sert aussi la cause en popularisant une façon de découvrir le monde qui prône justement l’indépendance et l’autonomie. Pas facile à monétiser ! On peut facilement faire la part des choses, et vérifier qui se moque de nous et qui souhaite se mettre à notre service, nous aider dans la démarche.

 

Micro-aventure randonnée

© Amélie Deloffre

Alors paré·e pour la déconnexion ? Il y a sûrement une communauté active pas loin, et pour les plus timides, à chacun de s’inventer un but. La micro-aventure commence avec une carte, une paire de chaussures, et surtout une grosse envie de nature.

Les principales organisations qui font la micro-aventure en France