Mes débuts dans la micro-aventure

Rookie du bivouac

Un vendredi de début mai, il y a quelque temps déjà, mon compagnon me dit : « Ce week-end je t’emmène au Semnoz ». Le Semnoz ? Connais pas, jamais entendu parlé. Je découvre que c’est une montagne au pied d’Annecy.

Première question : on dort où ? Yann me répond « dans la montagne ». Ah d’accord, mais … je n’ai pas de chaussures de marche. Ni un ni deux, nous voilà en train d’essayer mes futures LoubouCtin.

Paysage dans la neige micro-aventure Annecy

© Yann Gobert

Préparatifs légers et hop dans le train

Vendredi soir. Nous préparons nos sacs à dos : il faut partir léger avec uniquement l’essentiel me dit Yann. Mais l’essentiel est-il le même pour tout le monde ? Un sac de couchage chaud, bonnet, tapis de sol ultra light (il tient presque dans une poche), pull, chaussettes de rechange, un livre, un coupe-vent et une frontale plongent dans mon sac à dos. Yann se propose de s’occuper du reste.

Samedi matin. Direction Gare de Lyon. Dans le train je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre, quand je suis partie on ne parlait pas encore de micro-aventure mais c’est bien cela que j’allais vivre. Arrivés à Annecy, nous nous achetons du pain, du fromage, et des fruits secs, on remplit nos gourdes puis nous prenons un verre au bord du Thiou. Ensuite c’est parti : nous longeons le lac sur la droite et nous commençons à monter. Je quitte pas à pas la ville, mes repères, ce que je connais, et entre dans l’inconnu : le Semnoz ! Les premiers chemins sont caillouteux, ça monte, je n’apprécie pas trop mais petit à petit je m’allège de mes pensées angoissées : est-ce que je vais arriver à marcher 5 heures ? Est-ce qu’on va trouver un endroit sûr pour dormir ? Je me concentre sur mes pas.

On marche, on monte, on marche, on monte

C’est une première pour moi : première longue randonnée, première nuit dans la nature. De temps en temps, Yann sort une carte, il me montre le chemin que nous avons parcouru et le chemin qu’il nous reste à faire pour arriver à l’endroit de notre bivouac du soir : une jolie clairière.

Une personne est en micro-aventure à Annecy

© Yann Gobert

Au bout du monde et pourtant si près

On marche, on monte. Les chemins caillouteux sont loin derrière nous et nous entrons dans la forêt. Je m’y sens bien, il fait bon, le ciel est dégagé, l’endroit est superbe. En fin d’après-midi, nous arrivons enfin dans la clairière : c’est beau, c’est calme, c’est vert ! On se croirait au Canada. Nous sommes au début du printemps et il y a encore un peu de neige par endroits. Yann installe le bivouac : il plante le tarp – la météo annonce de la pluie pour cette nuit – déroule nos matelas de sol, nos sacs de couchage et voilà, nous commençons notre pique-nique-dîner. Nous nous amusons à reconnaître le bruit des animaux, nous apprécions le calme de la forêt, le soleil se couche et nous aussi, bercés par le chant/cri d’une chouette ou d’un hibou (il faudra que je me renseigne).

Vue sur le lac d'Annecy en micro-aventure

© Yann Gobert

Vivre au rythme de la nature, c’est ça pour moi l’aventure

Dimanche matin. J’ai dormi comme un loir, qui peut-être est venu me rendre visite cette nuit, je ne sais pas. Au petit jour, nous prenons un café et hop direction la station du Semnoz. Ça monte encore, mais le moral est comme le temps : au beau fixe. Nous arrivons en bas des pistes, la station est fermée. Je crois que c’est la première fois que je vois des pistes de ski au printemps. On monte, on monte, on monte, et je me prends à inventer des remontées mécaniques pour marcheur. Il est déjà presque midi quand nous arrivons en haut d’une piste. Sensation de bien-être, de liberté, mais il nous faut commencer à redescendre : notre train pour Paris est à 18h45, hors de question de le rater, demain il faut travailler.

Deux solutions s’offrent à nous : emprunter un chemin un peu long mais en pente douce ou alors couper à travers la forêt. Je pensais que le chemin le plus court était le plus rapide et on opte alors pour descendre par la forêt. Erreur ! Si l’endroit est superbe, voire féérique, la descente est un enfer… Roches glissantes, arbres tombés qu’il faut escalader, bref pas de chemin forestier : il faut faire le nôtre. 5 heures de descente harassantes plus tard nous arrivons, enfin, sur une petite route. Le bitume et le plat me font l’effet d’une moquette. Pas de temps à perdre, nous faisons du stop pour rejoindre la gare. Nous sautons dans le train et j’oublie de composter nos billets. La contrôleuse SNCF voyant mon air décoiffé, et mes habits poussiéreux d’aventurière me dit : « ça ira pour cette fois-ci vous revenez de loin, vous devez être en jet-lag ». Je ne la contredis pas. Ce que j’ai appris dans ce bivouac ? Oh pas grand-chose si ce n’est qu’il faut dire OUI à l’imprévu, OUI à la nature !

Et vous qu’avez-vous retenu de votre première micro-aventure ?