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Portrait engagé : Vanessa Nakate

Un portrait engagé pour s'inspirer
Vanessa Nakate : portrait engagé
Vanessa Nakate, pour ©Brigitte

Activiste pour la justice climatique, la militante ougandaise Vanessa Nakate est devenue la porte-parole des pays africains. Elle considère que les enjeux du changement climatique ont été occidentalisés et qu’il y a peu de représentations des pays du sud, pourtant premières victimes des conséquences du dérèglement climatique. À ce titre, elle crée le Rise Up Movement, une plateforme qui porte la voix des activistes africains. Diplômée en gestion des affaires, elle a également lancé le projet Vash Green Schools pour installer dans les écoles rurales des panneaux solaires et des fours écologiques.

Un engagement marqué par la réalité 

Son engagement environnemental, elle le tient des conditions climatiques alarmantes qu’elle observe dans son pays. À Kampala (capitale de l’Ouganda), elle constate des hausses anormales de températures conduisant à des inondations, des sécheresses, une inflation des prix de produits alimentaires et de premières nécessités, un accès réduit à la nourriture, à l’eau potable, des glissements de terrain qui rendent l’accès aux habitations parfois impossible. Le continent africain dans son ensemble est marqué par des changements climatiques les plus rapides au monde : sécheresse à Madagascar, incendies en Algérie, etc. — les conséquences directes du dérèglement climatique. 

Une conjoncture qui apparaît comme injuste lorsque l’on sait que le continent africain est responsable de seulement 4 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. 

Par son engagement, Vanessa Nakate appelle à une solidarité financière pour les pays en développement. Qu’il s’agisse d’énergies fossiles ou de biodiversité, elle se bat sur tous les fronts. Le continent africain, où les populations vivent pour la plupart grâce à l’agriculture, abrite des écosystèmes menacés : lacs, forêts ou encore de nombreuses espèces en voie de disparition. 

La porte-parole de l’engagement des pays du Sud

C’est en 2018 que Vanessa Naketa s’engage, alors que des inondations frappent l’Afrique de l’Est. Elle découvre les grèves scolaires du vendredi, initiées par Greta Thunberg, et décide d’en faire sienne ici, en Ouganda. La mobilisation est fébrile, et elle se retrouve souvent seule, les grèves et manifestations étant interdites dans son pays. 

Sa détermination paie. Elle participe aux événements internationaux qui fleurissent un peu partout dans le monde. Il y a enfin une voix pour l’Afrique. En 2019, à Madrid, elle s’adresse à la COP25 puis publie, aux côtés de vingt jeunes du monde, une lettre ouverte aux participants du Forum économique mondial en janvier 2020. L’objectif ? Appeler entreprises et gouvernements à mettre fin à l’investissement dans les combustions fossiles. Ce forum reste connu pour un événement en particulier : Vanessa Nakate est coupée de la photo prise lors de la conférence de presse par l’Associated Press. Elle le dénonce avec force : pourquoi invisibiliser une personne de couleur ?

Avant la COP26 organisée par l’ONU à Glasgow, elle alerte sur la nécessité de placer au centre des négociations, les aides climatiques pour les pays vulnérables — les 100 milliards promis, n’ayant pas été versés. Durant la conférence et aux côtés de Greta Thunberg et Dominika Lasota, elle incite les groupements à respecter les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Une nécessité.

Un militantisme désormais reconnu internationalement

Depuis novembre 2021, on peut croiser son livre-manifeste au détour d’une librairie. Intitulé Une écologie sans frontières, il vise à alerter — toujours — sur l’urgence climatique en impliquant les voix africaines dans le dialogue.

Par ailleurs, Vanessa Nakate figure dans le classement 100 Women de la BBC en 2020 et fait partie de la liste Time100 Next publiée par le Time un an plus tard.

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