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Une sécheresse historique en France

L'été le plus froid du reste de notre vie
sécheresse

Il fait chaud, tu as remarqué ? Que l’on s’étonne des conséquences du dérèglement climatique ou qu’on en soit conscient·e depuis des années, on peut tou·te·s se mettre d’accord sur une chose : la situation ne fait qu’empirer. Après un printemps qui se classe parmi les trois plus chauds et secs de l’histoire, le mois de mai 2022 a battu tous les records. En juin, l’alerte sécheresse était déjà lancée et 35 départements faisaient l’objet de restrictions d’usage de l’eau tandis que, depuis le début de l’été, de nombreux incendies et des vagues de chaleur récurrentes déferlent sur le pays. En Inde ou au Pakistan, les températures sont même montées jusqu’à 50°C. Des phénomènes climatiques extrêmes qui ont de lourdes conséquences sur l’environnement et les populations.

Un été enfumé

Sur les 96 départements français, presque tous ont été placés en état d’alerte sécheresse et les deux tiers du territoire ont atteint un niveau de crise sans précédent concernant l’accès à l’eau. Les restrictions d’usage mises en place dès le début de l’été n’ont pas suffi pour empêcher les pénuries : au cours du mois d’août, une centaine de communes n’avaient plus accès à l’eau potable.

Le ministre de la transition écologique Christophe Béchu a ainsi mis en place des approvisionnements d’eau potable par camion dans ces communes, « puisqu’il n’y a plus rien dans les canalisations » a-t-il précisé.
La sécheresse, inédite dans plusieurs régions, a fortement contribué au développement des incendies dont les alertes ont ponctué tout l’été. Plus de 7 400 incendies ont été détectés pendant l’été 2022. À la mi-août, on comptait 61 473 hectares de végétation partis en fumée depuis le début de l’année, soit six fois la superficie de Paris. Un record absolu.

L’été le plus froid du reste de notre vie

Les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence, ces vagues de chaleur sont de véritables marqueurs du changement climatique. Sur les 43 vagues détectées depuis 1947, seulement 9 ont eu lieu avant 1989 et le reste entre 1989 et 2020, indiquait Novethic dans un récent article. Et parce qu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le nombre de jours de canicule devrait doubler en France d’ici 2100.

Des conséquences multiples dans tous les domaines

Agriculture

Santé

  • rendez-vous annulés ou reportés, patients détournés vers d’autres centres, traitements administrés sans possibilité de constater leur efficacité ou non,… le quotidien britannique The Guardian rapporte la détresse de deux des plus importants hôpitaux du Royaume-Uni qui ont vu tout leur système informatique tomber en panne le 19 juillet suite aux fortes chaleurs. Certains patients atteints de cancer n’ont pas pu bénéficier de leur chimiothérapie.

Transports

  • difficile pour les trains de continuer à rouler normalement sous des températures caniculaires. Lorsque le mercure monte à 40°C, la température des rails peut grimper jusqu’à 55°C. Ces derniers, composés à 95 % d’acier, ont alors tendance à se dilater et s’allonger. Pour limiter les risques, la SNCF fait ainsi rouler les trains au ralenti. À l’aéroport de Luton, au nord de Londres, c’est carrément la piste d’atterrissage qui avait en partie fondu sous l’effet de la chaleur, annulant les vols du lundi 18 juillet.

Énergie

  • les faibles débits des cours d’eau et leur température bien plus élevée que d’habitude (28°C pour la Garonne) amènent les centrales nucléaires à devoir baisser leur production.

Biodiversité

  • la végétation a un mois d’avance“, constate le climatologue Serge Zaka qui note une perte massive de feuilles et un phénomène qui concerne “toutes les forêts de France“. Face à la sécheresse, les arbres ne poussent presque plus et doivent s’adapter en réduisant leur masse foliaire. Cette réaction naturelle diminue leur capacité d’absorption de CO2 et peut aussi conduire à la mort des végétaux. “Plus faibles, les arbres sont un régal pour les parasites et leur vie s’achève prématurément”.

Les solutions : du coup, on fait quoi ?

“L’adaptation, ce n’est pas une option, c’est de toute façon une obligation” déclarait Christophe Béchu dans une interview donnée à La Provence. S’adapter au dérèglement climatique donc, mais comment ? Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, économiser l’eau, revoir notre régime alimentaire et nos méthodes de production, voyager autrement, etc. : des solutions connues qui peinent à se mettre en place et souvent de manière inégale, quand certaines catégories les plus aisées de la population continuent par exemple d’utiliser leur jet privé selon leur bon vouloir

À notre échelle de citoyen, voilà les solutions que l’on peut mettre facilement en place pour économiser l’eau et l’énergie :

Économiser l’eau

L’eau potable représente 21% de la consommation d’eau sur le territoire, derrière l’agriculture (45%) et le refroidissement des centrales nucléaires (31%). De plus, selon les zones d’alerte et l’évolution de la situation, l’arrosage de ses plantes peut être soumis à de fortes restrictions. Pour connaitre les restrictions dans ton département, clique ici.

Alors, que peut-on faire ?
  1. Pailler son potager pour protéger les sols et conserver l’humidité : pour tout savoir sur le paillage, c’est par ici
  2. Arroser ses plantes le soir, idéalement quelques heures avant le coucher du soleil, pour éviter que l’eau ne s’évapore.
  3. Utiliser l’eau de pluie, de cuisson ou de ménage pour arroser son jardin
  4. Installer des économiseurs d’eau sur les robinets et la douche : même si les équipements récents sont généralement installés avec, ça vaut le coup de vérifier
  5. Rester à l’affût des fuites d’eau : si tu suspectes une fuite, relève les chiffres inscrits sur ton compteur d’eau avant de te coucher ; s’il y a une différence notable le lendemain matin, il faut trouver d’où vient la fuite et la réparer au plus vite
  6. Utiliser les machines à laver seulement quand elles sont bien remplies, et privilégier le mode « éco ».

Pour se rafraîchir

  1. Bien fermer les volets et/ou rideaux pendant la journée
  2. Préférer un ventilateur à la clim’ : un climatiseur utilise 20 fois plus d’énergie.
  3. Tremper une serviette dans de l’eau et la poser sur le ventilateur pour diffuser de l’air frais
  4. Si tu ne peux vraiment pas te passer de clim’, évite de la régler en-dessous de 25°C et veille à ce qu’il n’y ait pas plus de 4°C de différence avec la température extérieure.