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3 minutes pour comprendre l’acidification des océans

Pourquoi nos océans sont-ils acides ?
L'acidification des océans : causes et conséquences
© Kellie Churchman

Apparu pour la première fois en 2003 dans la revue Nature, le terme “acidification des océans” est, depuis, relayé abondamment. Vous l’avez peut-être déjà croisé à la lecture d’un article sans trop comprendre de quoi il s’agissait. Beaucoup de recherches ont été lancées pour en saisir la portée, mais le sujet reste encore aujourd’hui assez mal connu. Vous avez trois minutes ? WAG vous explique les enjeux de l’acidification des océans, des causes aux conséquences. C’est parti ! 

L’acidification des océans, qu’est ce que c’est ? 

On parle d’acidification pour désigner la diminution progressive du pH (potentiel hydrogène) des océans. Le pH, on en trouve dans tous les liquides. Son but est de mesurer l’activité des hydrons (des noyaux d’hydrogène) et donc, le degré d’acidité. Plus le pH est bas, plus un liquide est riche en acide. À l’inverse, plus le pH est élevé, plus le liquide est alcalin.

Le pH moyen des océans est d’environ 8.25. Aujourd’hui, il se situe plutôt autour de 8.14 : ils deviennent donc plus acides. Selon certaines études, l’acidification des océans a augmenté de 26% depuis le début de la révolution industrielle (1800) et selon certaines prédictions, il pourrait encore augmenter de 150% d’ici 2100. L’acidification des océans est donc dix fois plus rapide que ce que nous avons connu jusqu’alors, et représente un danger pour l’écosystème marin. 

Les causes de l’acidification 

  • Les émissions de gaz à effet de serre

Tout comme les forêts et végétaux, les océans absorbent une partie des émissions de gaz à effet de serre. Puits de carbone et véritables modérateurs du réchauffement climatique, nos océans absorbent près de 25% du CO2 atmosphérique

Le CO2 capté par les océans se dissout progressivement dans l’eau. Cette réaction chimique produit d’autres composants, notamment l’acide carbone, responsable de la diminution de pH dans les océans.

Rappelons que les activités humaines représentent près de 90% des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Depuis des centaines d’années, les océans effectuent ce travail de captage, d’absorption et de dissolution des gaz à effet de serre. Sans ce phénomène, la quantité de CO2 dans l’atmosphère serait beaucoup plus importante.

  • Les composés azotés et soufrés

D’autres activités humaines participent à l’acidification dite “chronique” des océans. Parmi d’autres, les activités agricoles émettent des composés azotés avec notamment le protoxyde d’azote. Les émanations industrielles et des transports dégagent du dioxyde de soufre. Ces composés azotés et soufrés se retrouvent également dans nos océans et participent à leur acidification.  

Les conséquences sur l’écosystème marin

La réaction chimique qui conduit à l’acidification des océans engendre avec elle la diminution d’ions carbonates (éléments essentiels aux végétaux et animaux marins). L’acidité modifie l’équilibre des carbonates. C’est le cas par exemple du carbonate de calcium qui est le composé principal des coquilles de nombreux organismes marins.

  • Le plancton peine à se renouveler dans un environnement à faible pH. Organisme microscopique, il est à la base de l’écosystème marin et la fondation de la chaîne alimentaire. Il contribue à l’oxygénation des océans et donc, de l’atmosphère. Sans plancton, l’air que nous respirons ne serait pas le même.
  • Comme le plancton, les coraux ont du mal à développer leurs structures calcaires dans un environnement faible en pH (donc très acide). Les coraux contribuent à la formation des récifs et sont à la base de milieux écologiques très riches en biodiversité. À leur disparition, ils pourraient entraîner la disparition de tout un écosystème avec eux : poissons, algues et organismes endémiques.
  • La biodiversité marine. À savoir, poissons, crustacés, algues et tous organismes marins, fragilisés par l’acidification des océans. La recherche de nourritures devient plus difficile conduisant parfois à un déplacement des populations marines et la perturbation des équilibres locaux.

Plus généralement, l’acidification des océans impacte l’écosystème marin dans sa globalité. Le CO2 dissous en surface est ensuite entraîné par les eaux et soumis aux grands courants océaniques pour remonter plus tard à la surface des océans. L’acidification des océans est un phénomène progressif dont les conséquences se dessinent avec un temps de latence. Pourtant, nous en constatons déjà les conséquences. Pour réduire le taux d’acidité dans nos océans, nous devons réduire nos émissions de CO2.

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