Le Mag

La face cachée de nos vêtements

Revers et travers de l'industrie textile
Mode et vêtements : focus sur l'industrie textile

Avant d’être exposé dans la vitrine de ta marque préférée, un vêtement a vécu de nombreux cycles de transformation pour arriver à sa confection. Les conséquences sont désormais connues : on estime que l’industrie textile est l’une des industries les plus polluantes au monde. Selon l’ADEME, 100 milliards de vêtements sont vendus dans le monde chaque année. Une production qui a doublé entre 2000 et 2014 et dont les impacts sur l’environnement sont bien réels. 

S’habiller : les impacts sur l’environnement

De fortes émissions de gaz à effet de serre et consommation d’énergie

On considère que l’industrie textile génère près de 4 milliards de tonnes de CO2 par an. À titre de comparaison, c’est plus que les émissions émises par le trafic maritime et aérien, réunis ! D’ailleurs, avant d’arriver chez le consommateur, il arrive fréquemment qu’un vêtement fasse plusieurs fois le tour de la planète. 

Ces émissions sont dues en grande partie par l’utilisation de fibres synthétiques (polyester, viscose, élasthanne, etc.) dont 70 % requièrent l’utilisation du pétrole pour leur production. 

Une consommation effrénée d’eau et pollution des sols

Pour cultiver la matière première, filer, teindre, traiter et nettoyer, l’industrie textile consomme énormément de ressource en eau. Près de 4 % de l’eau potable mondiale serait utilisée pour fabriquer des vêtements. En plus d’une utilisation accrue de l’eau, l’industrie textile est également responsable de la pollution mondiale des eaux et des sols. En cause ? L’utilisation de pesticides, solvants, pigments et matières synthétiques qui se déversent dans nos cours d’eau.

À titre d’illustration, pour produire un t-shirt en coton, il faut l’équivalent de 70 douches, soit près de 2700 litres d’eau. C’est près du triple pour un jean…

Fast fashion: la mode jetable 

La fast-fashion désigne la surproduction (et surconsommation) de vêtements, et le renouvellement continu de nouvelles collections.

La fast-fashion se base sur un modèle économique de collections accélérées. Si les conséquences pour l’environnement sont déplorables, la fast fashion est également pointée du doigt pour entretenir des conditions de travail misérables : usines désaffectées, rythme de travail élevé pour un mini salaire, absence de contrat de travail et de protection des travailleurs.

On se souvient à ce titre de l’effondrement de l’usine de production du Rana Plaza située au Bangladesh dont 1200 personnes sont décédées en 2013. Plus près de nous, le travail forcé des Ouïghours (une communauté musulmane persécutée en Chine), nous rappelle que le combat est loin d’être fini. Par ailleurs, des nouveaux géants de la super fast fashion fleurissent. Le dernier ? Shein qui cumule près de 10 000 nouveaux produits par jour. 

Comment choisir des vêtements respectueux du vivant ? 

1. Savoir reconnaître les « bonnes » matières 

Exit le coton et le polyester, des matières naturelles peu gourmandes en eau et ne requérant pas de manipulations polluantes existent : le lin, dont la France est d’ailleurs le premier producteur mondial, mais également le chanvre et le coton biologique. Pour en apprendre davantage, on te recommande vivement The Good Goods, le 1er média de la mode écoresponsable ainsi que l’application mobile Clear Fashion, pour t’aider à choisir et comprendre tes vêtements. 

2. Les labels, nos meilleures garanties 

  • GOTS —Global Organic textile standard : garantit l’origine biologique des fibres.
  • ECOCERT : la garantie d’une utilisation minimum de 70 % de fibres naturelles ou recyclées et une utilisation réduite d’eau et d’énergie.
  • OEKO-TEX —Standard 100 : seuil réglementaire de substances polluantes, cancérigènes et allergènes, respecté.

3. Réduire sa consommation 

Acheter le nécessaire, au moment où tu en as besoin. ⅓ de nos vêtements ne sortent pas du placard. Commencer par créer un vestiaire de pièces basiques et intemporelles qui pourront t’accompagner à chaque saison, peu importe la dernière mode. Pour débuter, voici quelques marques engagées, responsables, conscientes et adoptées : 

  • We Dress Fair: l’incontournable pour débuter, une sélection de 100 marques de mode éthiques à retrouver au même endroit. Ici, pas la peine de s’interroger, chaque vêtement est composé de 90 % minimum de matière éco-responsables.  
  •  Patine Studio : une marque française qui réinvente les essentiels d’une garde-robe.
  •  Annie Jeans : qui fabrique des jeans issus de stocks dormants ou invendus sans produire un seul kilo de coton. 

Tu peux aussi t’aider de La Belle Empreinte, de l’application Clear Fashion ou encore Sloweare