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Acheter en ligne : quel impact sur la planète ?

Pour tout comprendre sur le e-commerce
Commerce en ligne

Une possibilité infinie pour renflouer nos placards et peu d’informations concernant l’impact écologique lié à l’acte d’achat. Aujourd’hui, WAG décrypte les bonnes pratiques de consommation pour acheter en ligne de façon responsable.

D’une part, l’essor du e-commerce et la promesse d’une livraison en moins de 24 h alourdissent le bilan carbone de l’achat en ligne. D’autre part, s’installer au volant de sa voiture pour aller faire ses courses ne semble pas plus écologique. Pourtant, selon certaines études, l’achat en ligne génère 3 à 4 fois moins de CO2 que l’achat en magasin. Explications.

Retour vers le passé

En 1995, Jeff Bezos expédie sa première commande depuis son garage. C’est le début d’Amazon et celui du e-commerce. Depuis, internet est capable de répondre à tous nos besoins en quelques clics, transformant fondamentalement nos habitudes d’achat. Alors oui, ce que nous voyons, nous, c’est les 15 onglets ouverts sur notre ordinateur, mais l’impact environnemental ne se réduit pas à un onglet. Le bilan carbone est loin d’être invisible.

Ok WAG, mais du coup qu’est ce qui pollue ?

Les transports

La logistique et le déplacement des marchandises comptent pour beaucoup dans l’impact environnemental des produits que nous consommons. Lors d’un achat sur une plateforme de e-commerce, les producteurs expédient leurs produits vers un entrepôt de stockage, lequel se chargera finalement des envois vers les acheteurs.

Pour ce qui est d’un commerce physique, les producteurs envoient leurs produits vers une centrale d’achat. Celle-ci se charge de répartir les marchandises entre les différents magasins à alimenter (eh oui, les magasins doivent aussi se faire livrer !). Une fois la livraison effectuée vers ses différents points de vente, le client doit à son tour se rendre sur place, ce qui est loin d’être toujours très écologique. Tout se joue alors sur ces derniers kilomètres, plus coûteux en temps et en énergie.

L’impact du « dernier kilomètre »

Il s’agit de ces derniers kilomètres jusqu’aux consommateurs. Selon une étude, si 75 % des livraisons étaient envoyées en point relais, l’impact du dernier kilomètre pourrait être réduit de 60 à 80 %, sous réserve bien sûr que le consommateur se déplace sans véhicule polluant pour aller récupérer son achat.

Selon une étude britannique, la livraison est écologique lorsque le consommateur doit parcourir plus de 6,7 km pour se rendre au magasin. Avant ça, s’il a recours à un transport polluant pour aller en magasin, alors l’impact écologique se voit tout de suite multiplié. Ainsi, en privilégiant les livraisons groupées en point relais, nous pouvons tous agir pour réduire notre impact écologique. D’ailleurs, selon l’ADEME — agence de transition écologique — le coût écologique de la livraison à domicile ou en point relais est 3 à 5 fois moins élevé par kilomètre parcouru que l’achat en magasin.

La livraison express

Autrement dit, le dilemme vitesse versus écologie.

Initiée par Amazon Prime, la livraison express en un jour ouvré a ensuite été adoptée par bon nombre de grands industriels américains tels que Walmart ou encore Target. Le problème c’est que cela fait énormément de petits paquets à livrer aux quatre coins du globe, directement chez le consommateur. D’ailleurs dans les grandes villes, les livraisons représentent 10 % des émissions.

En 2020, plus de 1,3 milliard de colis ont été envoyés en France (contre 1 milliard en 2017). Une croissance constante et supérieure d’année en année qui se fait par terre, mer et cieux. D’ailleurs, selon une étude menée par Reporterre en 2019, Amazon a opéré 110 vols intérieurs aux États-Unis pour livrer les particuliers et émet près de 8,87 millions de tonnes de CO2 par an, l’équivalent des émissions annuelles de la Bolivie.

Dans son rapport la face cachée du numérique, l’ADEME nous précise « livrer en urgence, par petites quantités, et multiplier les trajets augmentent la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre ».

L’énergie

57 % des émissions de gaz à effet de serre d’un produit alimentaire sont liés à sa production contre 17 % pour le transport. L’énergie allouée aux structures de vente représente dès lors une part non négligeable de réduction de l’impact écologique.

Le magasin au coin de la rue a été construit. Il a besoin d’être chauffé en hiver, climatisé en été. Les allées sont éclairées pendant les heures d’ouverture et les produits sont réfrigérés. À l’inverse, le magasin en ligne ne requiert qu’un entrepôt unique de stockage, lequel ne nécessite pas d’éclairage pour ses vitrines ou de chauffage en hiver.

À noter que la livraison en ligne fait bien chauffer quelque chose : les data centers. Selon l’ADEME, un achat en ligne émet en moyenne 12 grammes de CO2, soit l’équivalent d’un kilomètre en voiture.

Les bonnes pratiques

Les emballages

Les entreprises étant responsables de la qualité des produits envoyés chez le consommateur, elles sont nombreuses à préférer suremballer leurs produits. Selon une étude réalisée sur 264 paquets en 2016, en moyenne seulement 63 % de l’espace des cartons d’envoi est utilisé. Bonjour le vide des colis. Forbes Insight et DS Smith (un fabricant de cartons) estiment que cette pratique est responsable de 122 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de la Belgique. En Europe, c’est 2 millions des 4,6 milliards de colis acheminés qui sont « remplis d’air ».

Le pouvoir du consommateur

  • Le consommateur peut privilégier les entreprises soucieuses du zéro plastique, des packagings recyclables ou compostables.
  • Il peut choisir un mode de livraison en point relais ou se déplacer à vélo ou à pied en se rendant dans son point de vente.
  • Le consommateur peut également faire des achats raisonnés et réfléchis et éviter le retour de colis. En moyenne, il y a 2 à 4 fois plus de retours avec le commerce en ligne. En particulier en ce qui concerne l’habillement (15 % des retours) étant souvent considéré comme un achat impulsif et non pas un achat de première nécessité.
  • Avant de finaliser son achat, le consommateur peut prendre le temps. Celui de réfléchir et de ralentir pour procéder à un achat raisonné : en ai-je vraiment la nécessité ? livraison ou en magasin ? Existe-t-il des alternatives plus durables à cet achat ?

En minimisant nos gestes, nous pouvons, à notre échelle, réduire l’empreinte carbone liée à nos achats. Mais on est bien d’accord, les entreprises aussi doivent jouer le jeu en réduisant au maximum leur impact écologique.