La tête dans les étoiles

Une nuit en astro-bivouac

La nouvelle mission de l’astronaute Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale (ISS) donne des envies de sorties “astronomie”. Voici quelques suggestions à vivre en famille pour l’après couvre-feu.

Et si vous partiez tester l’astro-bivouac en famille ? Quoi de mieux que dormir en pleine nature sur son lieu d’observation pour scruter le ciel et tenter d’en percer les mystères !

 

Les enfants se préparent à l'astro-bivouac.

© Stephen Rater

Stephen Rater propose des micro-aventures palpitantes. Passionné par les étoiles depuis l’âge de dix ans, cet animateur et éducateur scientifique de 31 ans organise des sorties immersives pour observer la voie lactée en passant toute une nuit dans la forêt de Fontainebleau ou dans la vallée de Chevreuse, en Seine-et-Marne. « On randonne pendant une heure, ensuite on s’installe dans une clairière sympa, ce qui permet d’être beaucoup plus réceptif à ce qu’on va voir le soir », précise le spécialiste. On bivouaque sous une tente, dans un hamac ou en bivi bag (sur-sac de couchage). L’astronome Galilée a observé pour la première fois les anneaux de Saturne et les cratères de notre lune il y a quatre siècles, explique Stephen. Or, la majorité des gens n’ont jamais observé cela au télescope, donc moi j’essaie de transmettre ces connaissances au plus grand nombre. »

La météo est cruciale. Pas d’observation possible par temps pluvieux ou trop nuageux. « Mieux vaut vérifier les prévisions trois jours avant de partir. On peut se renseigner gratuitement sur le site stellarium.org pour estimer à quelle heure on verra Saturne et Jupiter, ou sous quelle forme apparaîtra la lune. »

 

Un télécospe est mis en place, orienté vers le ciel.

© Adrien Plaud

Grâce à un laser, Stephen pointe l’étoile polaire. Avec son télescope et ses jumelles, il fait découvrir à ses petits groupes (4 à 8 personnes) Jupiter et ses quatre lunes principales, mais aussi Mars et Vénus. Sans oublier la Station spatiale internationale (SSI), où séjourne actuellement l’astronaute français Thomas Pesquet. « Jusqu’à 23h, on aperçoit Mars et la constellation d’Orion. Ensuite, on peut se coucher et se relever vers 4h pour voir passer la Station spatiale internationale. Vers 5 heures, on distingue Saturne et Jupiter, les deux plus grosses planètes du système solaire. » Stephen embarque de nombreuses familles dans ses aventures. Dès 7 ans, les enfants s’emparent du télescope. « Ce sont souvent eux les plus curieux, remarque-t-il, car ils sont moins timides pour me poser des questions. D’ailleurs, certains passionnés apprennent des choses à leurs parents ! »

 

Mars et Jupiter pris en photo lors d'un astrobivouac.

© Philippe Jacquot

Sinon, où observer le ciel ? « Partout ! , poursuit le spécialiste. On peut poser son télescope en plein Paris, à Bordeaux ou sur la place d’un village, ça marche pourvu que le ciel soit dégagé, car la majorité des planètes du système solaire sont visibles à l’œil nu. Reste que nos sens sont plus en éveil dans la nature. » L’astro-bivouac se pratique toute l’année, même en hiver quand le ciel devient très pur grâce aux anticyclones. « Je pense qu’on a mis juste un pied dans l’astronomie car on a encore beaucoup de choses à apprendre sur nous, sur les planètes et l’univers, conclut Stephen. Bientôt on découvrira peut-être d’autres formes de vie extraterrestres. Bref, on vit dans un très grand mystère ! »

Alors, prêt·e·s à plonger dans des amas d’étoiles et de nébuleuses ?

EN PRATIQUE

  • Nuit d’astro-bivouac à Fontainebleau (77) ou en vallée de Chevreuse avec Stephen Rater

Le matériel d’astronomie (télescope et jumelles) et le réchaud sont fournis.
Ce qu’il faut apporter : 1 tente ou 1 hamac et du petit matériel (gourde, sac à dos…)
Durée : 2 jours. Groupe Min 4 – Max 8. Tarif : 60 euros.
Réservations sur le site Chilowé.

Stephen organise également des sorties astronomie dans le Morvan ou dans les Alpes, en Haute-Savoie. Il propose aussi des camps d’astronomie d’une semaine dans le Valais en Suisse avec l’ONG « Objectif Sciences International ». On peut le contacter directement via  son compte Facebook.

  • Le photographe Philippe Jacquot emmène groupes d’adultes et familles dans le massif du Parmelan (1800 mètres d’altitude), où l’on peut dormir dans un gîte. Ces soirées d’observation en Haute-Savoie sont limitées à 8 personnes; les réservations se font sur son site web.
  • Également en Haute-Savoie, l’association Kaus Australis propose des stages astronomie pour les 10-16 ans

Les enfants et les ados apprennent les bases fondamentales de l’observation astronomique et de la mécanique céleste : connaître le système terre/lune/soleil, les éclipses (lunaires et solaires), le soleil (caractéristiques et danger), fabriquer sa carte du ciel, trouver Polaris etc… Les réservations se font via le site web de l’association.