Bonnes résolutions : comment j’ai trouvé, sans le chercher, un plan B

Devenir écolo sans effort, c’est possible

Je n’ai jamais pris de bonnes résolutions, on peut dire que dans ce domaine je suis une débutante. Je n’en ai jamais prise car je n’en voyais pas l’intérêt. Bien sûr comme tout le monde j’ai établi des listes de résolutions possible : manger plus sainement, arrêter de fumer, méditer régulièrement, terminer un roman, ranger le tas de papiers qui traine sur mon bureau, se réveiller chaque jour 10 minutes avant le réveil  … longue liste, interminable même. Interminable justement car je ne finis jamais ces listes. Cela pourrait être une bonne résolution ça : terminer mes listes ?

Les spécialistes des bonnes résolutions sont tous d’accord : il faut prendre des décisions simples, faciles et abordables et noter que pour changer d’habitude 70 jours en moyenne sont nécessaire. Aussi mes listes ne dépassent jamais le 2 janvier. Car reprise dans le tourbillon de la vie, désir de vivre au quotidien le nez au vent, il y a certainement la peur de ne pas réussir à tenir sur la longueur.

Il y a, ou je devrais dire il y avait aussi, la peur du changement.

Mais, en mars dernier lors du premier confinement, quelque chose a changé. Comme toutes et tous, je me suis retrouvée confinée avec ma famille dans notre appartement. Comme tout le monde, nous avons dû mettre en commun notre emploi du temps : à 9h30 j’avais une conf call, à 11h ma fille aînée cours de philo, mon mari était en visio toute l’après-midi, et notre fille cadette devait rendre un devoir de maths. Tout cela dans le même espace. Un vrai changement dans nos emplois du temps. Le changement est peut-être difficile à suivre quand il s’agit de prendre des résolutions volontairement. Mais, quand c’est imposé, changer devient plus facile et peut passer comme une lettre à la poste.

Et je me dis que peut-être que nous changeons uniquement quand nous y sommes obligés.

Le premier changement entrepris a été la limitation de nos déchets. Nous nous sommes vite sentis submergés par les bouteilles en plastique ou en verre, les emballages divers et variés. Tous ces déchets d’habitude invisibles – ceux de nos déjeuners pris à l’extérieur qu’habituellement nous ne voyons pas – s’empilaient chaque jour dans nos poubelles. Il fallait changer quelque chose et vite. Pour être franche, je n’avais pas encore de considération écologique sur les déchets mais une vraie flemme de descendre tous les jours les poubelles, je sais c’est moche. Alors, pour lutter contre l’obésité de ma poubelle, j’ai décidé d’acheter en vrac tout ce que je pouvais trouver : riz, pâtes, lessives, liquide vaisselle and co. Ceci m’a permis bien sûr de limiter les emballages, de me défaire au maximum du plastique toxique mais aussi de porter plus d’attentions à la composition et la provenance de mes achats.

De cette contrainte du confinement, nous avons découvert aussi un autre temps : le temps du partage du temps. Ainsi, quand nous ne travaillions pas ou qu’il n’y avait pas cours : nous avons regardé, émerveillés, pousser des petites fleurs dans les jardinières. Nous avons photographié chaque jour le figuier d’à côté et chaque semaine évalué sa poussée. Sur notre petit balcon nous avons vu, pour la première fois, le printemps arriver petit à petit, heure par heure en live !

Aujourd’hui quelques mois plus tard, je me dis que  nous avons vécu un autre temps : celui de la nature. Les médias ont parlé d’animaux sauvages qui revenaient en ville. D’autres ont calculé l’économie de CO2 par les avions restés au sol. Moi, je cherchais à chacune de mes sorties autorisées les mauvaises herbes prendre le dessus sur le béton, j’ai adoré voir la nature revenir en ville. Petite nature sauvage qui me faisait du bien : après la pluie le beau temps, après le confinement la liberté?

Oui, sans prendre la décision de retrouver un peu de nature en ville, nous avons vécu ces trois mois à son rythme. Le confinement a été plus fort que les bonnes résolutions, il a été une prise de conscience : nous devons prendre soin de la planète, à notre échelle.

Je devenais écolo sans en avoir l’air et sans m’en rendre compte.

Bien sûr je ne vivais pas dans une bulle avant le confinement, mais j’avais la conviction que c’étaient avant tout aux industriels de faire quelque chose, que mes gestes « verts » ne pesaient pas lourd dans la balance, que c’était aux « gros » d’agir. Comme beaucoup de citadines j’ai vendu ma voiture, je n’achète plus d’avocats ni d’amandes, je fais du tri, je me suis inscrite au compost de ma résidence. Je coupe l’eau quand je prends ma douche ou me lave les dents, mais plus parce que je l’ai appris lorsque j’étais petite que par conviction. Avant, il ne s’agissait pas pour moi de préserver la nature, et je faisais cela pour des raisons pratiques plus qu’écologique. Mais, avec le confinement j’ai compris que j’avais mis de côté la force du « petit à petit l’oiseau fait son nid ». C’est en mars 2020 qu’a eu le déclic : je peux agir à mon niveau, à ma taille, non pas pour mon bien être personnel, égoïste, mais pour le bien de la Nature !  Cette révélation peut sembler naïve mais coupée du monde, du quotidien, ce temps de pause m’a permis de comprendre la force du collectif et la beauté de la nature.

On ne change pas une équipe qui gagne ? Mais on peut l’améliorer. 

Et me voilà arrivée au mois de décembre 2020, les petits changements continuent sans peser, sans vraiment m’en apercevoir. J’ai placé Noël 2020 sous le signe du respect de la nature : pas de sapin mais un peu de foie gras, pas d’éclairage clignotant mais j’oublie de me renseigner sur le côté écologique des bougies. Pas d’emballage cadeaux ?… Là j’ai encore des progrès à faire.

Aujourd’hui, nous sommes en Janvier 2020, et  comme chaque année, je ne prendrai pas de résolutions, mais il y a une nouveauté : je ne ferai pas de liste ! Je vais juste continuer sur ma lancée du printemps dernier. Après la cuisine, je vais m’attaquer à la salle de bain, à mon bureau, à mon ordinateur, à ma chambre, et quand j’en aurai terminé je m’intéresserai à mon impact sur le climat et aux nouveaux modes de transports. Oui j’ai du boulot mais je ne me sens pas enfermée dans une liste de résolutions et cela me donne de l’énergie.

Bien sûr,  j’ai un peu peur mais cela n’a rien à voir avec le fait de changer : j’ai peur d’être un peu nulle, de mal faire les choses. Pour me rassurer je me dis que l’important est d’essayer.

Je vous donne rendez-vous tous les mois pour partager mes travaux, mes doutes, mes découvertes, mes ratages peut-être.

Voilà, mon plan B pour cette année : ne pas prendre de bonnes résolutions car c’est peut-être un bon moyen pour tenir ses résolutions sans s’en apercevoir ?

Et vous quel est votre plan B ?