Bonne nouvelle : La montagne ne déclare pas forfait !

5 actions concrètes pour skier plus vert

Le ski ne semble pas la plus évidente des façons de mener une vie plus sobre. Et pourtant, profiter de la montagne enneigée n’est pas forcément synonyme de surconsommation et de débauche de points carbone. On explore dans ce qui suit cinq manières d’accorder respect de la planète et bonheur de la glisse*, car on ne protège bien que ce que l’on connaît bien !

(*on entend par «ski» dans les lignes qui suivent tout ce qui procure du plaisir sur la neige : ski de fond, de piste, freeride, telemark, snowboard, luge…)

1/ Sans voiture Simone !

La voiture individuelle est tellement 20ème siècle que c’est à peine croyable qu’elle fasse encore et toujours partie, pour une immense majorité de français, de « l’expérience ski ». Les bouchons pour monter en station sont semble-t-il eux même une part intégrale des vacances à la neige, un comble !

C’est un chiffre qui circule désormais et qui met bien les choses en perspective : jusqu’à 60% du bilan carbone d’une station de ski est dû aux transports, principalement des vacanciers. À comparer aux 2% qui incombent aux dameuses et aux remontées mécaniques…

Alors, si une centaine de kilomètre dans une voiture bien remplie (minimum 4) ne sont pas complètement stupides coté émission de GES (environ 20kg équivalent CO2 par voiture), cette « logistique du dernier km » ne saurait s’appliquer, en tout cas en France et plus généralement en Europe, à de plus longs trajets. Car on a la chance d’avoir un moyen de transport très peu carboné, rapide, efficace et qui permet de voyager en travaillant ou en échangeant avec ses proches/enfants/voisins : le train !

Un aller-retour Paris-Grenoble représente par exemple moins de 6kg de CO2 par personne, imbattable ! Et avec deux lignes de trains de nuit qui restent (Paris-Briançon et Paris-Ax-les-Thermes), on peut même économiser une nuit d’hôtel !

D’autant que d’autres se mettent en place, à travers le collectif Oui au Train de Nuit, ou en Europe avec la ligne Paris-Vienne via Munich et Salzbourg, qui desservira pas mal de stations autrichiennes à partir de décembre 2021.

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2/ Partir plus longtemps et moins loin

On évite à tout prix l’avion, bien sûr, surtout pour des courts trajets et des vacances courtes (sors de ce corps du XXIème siècle weekend city trip!). Rester plus longtemps est toujours une bonne solution si on veut réduire l’impact de ses vacances, 10 jours plutôt qu’une semaine si on a fait un long voyage, ou même plus si on part sur une destination vraiment lointaine !

Dans tous les cas, le ski en Chartreuse quand il a neigé fort vaut tous les voyages au Canada et au Japon, et on a en plus la satisfaction de découvrir des spots incroyables où le local parle (presque) notre langue! OK les sushis en moins, mais il y a toujours une nouvelle recette de fromage fondu à découvrir dans nos montagnes! Et des bains chauds on en trouve dans les Pyrénées (Ax-les-Thermes nous voilà!) comme dans les Alpes (Ah, les Grands Bains du Monêtier à Serre Chevalier!).

red train speeding in the snow

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3/ Louer plutôt qu’acheter

Il est largement répandu de louer ses skis/snowboard quand on ne part «rider» que quelques jours par an. Mais au-delà des «hardgoods», pourquoi acheter de coûteux vêtements qui ne serviront que quelques jours par an ? Ainsi les solutions existent pour louer, le temps des vacances,  casques, masques, gants et même vestes et pantalons de ski (par exemple sur lespetitsmontagnards.com). Gore-Tex a ainsi lancé cette année un partenariat avec la station de Jackson Hole aux US pour louer des tenues de qualité, nulle doute qu’il fera des petits chez nous bientôt. Il est du coup complètement possible de partir en slip chaussettes et vieux jogging, et en prime c’est plus confortable de voyager léger quand on prend le train !

Enfin, s’il faut vraiment acheter, privilégier la qualité qui se garde plus longtemps, et/ou qui se recycle mieux, ou le matériel polyvalent, comme des vestes de ski «portables» en ville, ou qui peuvent aussi servir en vélo etc. Le secret étant de ne pas acheter si on n’a pas vraiment besoin, sachant que garder une veste de ski 9 mois de plus, c’est 30% d’économisés sur son bilan carbone !

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4/ Skier sans remontées, la fausse bonne idée?

Comme on l’a vu plus haut, les remontées et le damage sont loin d’être une priorité si on veut réduire son impact.  Mais ça fait partie de la construction d’un autre imaginaire, tout ne se calcule pas en émissions de GES !

Au-delà des remontées et des stations, voyager moins loin, sortir des sentiers battus, et faire «le bien» où qu’on soit participe d’un imaginaire collectif qui met en avant la «sobriété heureuse». Car le bonheur ne s’achète pas toujours (sauf à compter en kilos de tome des bauges !), et partager des actions vertueuses fait grimper nos points karma et ceux des gens autour de nous.

Alors privilégier un logement basse consommation, redescendre un maximum de ses déchets si on ne peut pas les trier sur place, prendre une douche courte plutôt qu’un long bain (les stations sont souvent surdimensionnées par rapport aux capacités de traitement des eaux et des déchets), sont toujours des gestes appréciables.

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5/ Penser politique

La montagne est un lieu fragile, aux avant-postes des changements climatiques, chaque action individuelle qui vise à préserver ce milieu qu’on visite justement pour ses qualités sauvages est un cadeau pour la terre.

Mais quelles que soient nos bonnes intentions individuelles, elles sont un moteur mais ne suffiront jamais per se. Une action politique est indispensable, alors votez, faites entendre votre voix, tenez vos responsables politiques pour responsables et faites leur savoir ! Le mieux est de rejoindre une association qui saura porter votre voix (on n’est pas toujours à fond et à plusieurs on est plus forts), comme en ce qui concerne la montagne Protect Our Winters, Mountain Wilderness ou Mountain Riders.